PACES

PACES : serez-vous vraiment sélectionnés par tirage au sort ?

Consternation, colère, déception… En quelques heures, les élèves franciliens de terminale qui ont choisi la PACES (première année commune aux études de santé) comme vœu sur APB ont dû passer par toute une palette d’émotions…Explications en trois actes.


Acte I. Mercredi 4 mai 2016, un article du Monde leur annonce qu’ils seront tirés au sort. Depuis le mois de janvier, la PACES est passée en filière à capacité limitée en Île-de-France. Tout le monde est au courant. Mais, ce mercredi, le rectorat de Paris lâche un chiffre : il déclare pouvoir distribuer 7.500 places (sans compter celles réservées dans le cadre des expérimentations) dans les sept universités de la région à la rentrée 2016, pas plus. Problème : en 2015, 8.143 étudiants ont été répartis par le Sadep (Service interacadémique d’affectation des étudiants). Inutile d’être un futur bachelier scientifique mention TB pour faire le calcul : cela fait plus de 600 étudiants recalés à la porte de leur filière rêvée, sans même avoir pu se frotter aux épreuves de milieu et fin d’année. Le tirage au sort se révèle en effet le seul moyen légal de sélectionner à l’entrée de l’université.

Le syndicat UNI dénonce “cette décision arbitraire” et ajoute : “Il est illogique de refuser des candidats excellents et accepter des candidats dont les capacités ne permettent pas de réussir en médecine”. Un avis partagé par les doyens des facultés. De son côté, l’UNEF accuse : “Le choix de baisser fortement les capacités d’accueil et donc de déclencher la procédure de tirage au sort a été fait en toute connaissance de cause par les présidents d’université, au détriment du droit aux études des bacheliers.” Au passage, les syndicats oublient dans leurs communiqués les autres filières recrutant par la PACES : odontologie, sage-femme et pharmacie.
Est-ce que “ça va passer” ?

Acte II. Jeudi 5 mai 2016, Thierry Mandon, le secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur, le promet dans Libération : “Je ferais tout pour que le tirage au sort pour accéder en première année de médecine n’existe jamais : il n’y a pas plus stupide comme moyen de sélection, surtout pour accéder à des filières très sélectives.” Le rectorat de Paris n’a plus qu’à rétropédaler. Il annonce que “la première répartition de 7.500 places devrait être suffisante” et pourra “être ajustée si nécessaire”. Dans un communiqué, il entend également “éviter le recours au tirage au sort et permettre à tout nouveau bachelier francilien de pouvoir suivre les études de son choix.”

Acte III. Alors, quoi ? En juillet, aurez-vous ou non votre place en PACES ? Selon le rectorat, 8.000 lycéens franciliens ont choisi la PACES en vœu 1 sur APB en 2016. Une proportion sensiblement la même qu’en 2015. Et l’an dernier, environ 7.600 étudiants avaient finalement fait leur rentrée en fac de médecine ou pharmacie. “En théorie, tous les étudiants pourront accéder à la PACES”, affirme ainsi Rémi Patrice, le vice-président chargé des études médicales de l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France). Tout en soulignant l’extrême limite dans laquelle se trouvent les facs côté capacités d’accueil.

“Cela peut passer cette année, mais nous ne le saurons qu’en septembre, au moment des inscriptions [s’il n’y a donc pas de tirage au sort préalable, ndlr]. Nous connaîtrons alors le taux “d’évaporation” des bacheliers affectés dans une université qui préféreront finalement s’inscrire dans une autre filière hors APB (Sciences po, écoles…)”, nuance Frédéric Dardel, le président de Paris-Descartes, l’une des facs les plus “saturées”. En revanche, il n’est pas dit que votre affectation ne soit pas modifiée à la rentrée…
Le problème reste entier

Si la menace d’une sélection semble écartée pour cette année, le problème de la PACES reste entier : le nombre de bacheliers attirés par la filière est supérieur au nombre de places disponibles. Sans compter qu’à présent, les étudiants en kinésithérapie devront passer exclusivement par la fac pour accéder à leurs études. De plus, augmenter le nombre de candidats signifie également augmenter la sélection au concours… Comment changer la donne ? Étudiants, universités, médecins, politiques y réfléchissent depuis longtemps… Mais, entre la présélection en début d’année, les expérimentations de filières “alter-PACES”, le développement de passerelles… Rien n’a été vraiment tranché.

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