Rifka SALIM

Rifka SALIM, 24 ans de Kani-bé et Kani-Keli répond aux questions de L’Étudiant Mahorais (LEM)

LEM : Quand est-ce-que vous avez quitté Mayotte ? Etiez-vous prête de vous éloigner de vos proches ?

Rifka : J’ai quitté Mayotte en 2006 à l’âge de 10 ans pour l’île de la Réunion dans le but d’effectuer mes études. Non, je n’étais pas prête car je devais me séparer des personnes que j’aime ou de ce que j’aime c’està-dire mes parents, sœurs/frères et mes pratiques culturelles. Cela a été très dur car j’ai dû non seulement changer d’environnement pour un  autre et surtout m’adapter à de nouvelle culture et coutume qui m’était inconnue.

En 2015, après l’obtention de mon baccalauréat, j’ai décidé de prendre mon envol pour la Métropole afin de poursuivre mes études supérieures. Des kilomètres de plus qui m’éloignent de ma famille et mon île natale.

Depuis que j’ai quitté Mayotte j’y vais pendant les périodes de vacances pour voir ma famille. Je ne vous mens pas c’est très difficile, aujourd’hui si je tiens le coup c’est grâce au soutien que m’apporte ma famille.

LEM : Parlez-nous de votre cursus d’études. Dans quelles villes ?

Rifka : Alors, après l’obtention du baccalauréat Science Technologie de la santé et du sociale(ST2S) à la Réunion, je suis venue en Métropole pour continuer mes études dans le même domaine en intégrant le BTS Services et Prestations des Secteurs Sanitaire et Social (SP3S) qui se situe dans la ville d’Annecy. À l’obtention de celui-ci je me suis orientée vers une licence Sociologie à Grenoble, mais me suis arrêtée en 1ère année . En effet, j’ai pris cette décision car j’ai un nouveau projet.

LEM : Étant étudiante, que faites-vous de vos week-ends ou/et de vos moments libres?

Rifka : Au début, pendant les weekends je rendais visite à ma famille puis j’ai découvert ce qu’est un job étudiant, je travaillais dans un fast-food mais également je me suis inscrite dans un club de handball. J’allais également à la bibliothèque, et trouvais toujours des occupations pendant mes week-ends et temps libres.

LEM : Que pensiez-vous de La DPSU avant d’être étudiante ? Que pensez-vous d’elle maintenant ?

Rifka : Avant d’être étudiante j’ignorais l’existence de la DPSU. En revanche j’ai découvert l’aide par un membre de ma famille pendant la période du baccalauréat et j’ai pu en bénéficier. Pour ma part, cette aide est très importante car le Département soutient les étudiants dans leurs études à travers une aide financière.

Je peux donc dire que cette aide a ses avantages et ses inconvénients. Elle vient en aide aux étudiants qui ont peu de ressources ; et dont la faiblesse de ressource des parents ne permet pas de subvenir à leurs besoins. Toutefois , l’inconvénient de celle-ci est souvent lié au retard du traitement et du versement ce qui peut mettre l’étudiant en difficulté . Je tiens aussi à souligner que c’est regrettable de ne pas avoir pu bénéficier de l’aide à l’installation alors que mes parents résident à Mayotte.

LEM : Quels sont les soucis que vous rencontrez durant votre vie étudiante ?

Rifka : À mon arrivée en métropole je n’avais pas eu de logement à Annecy. Je résidais chez ma grande sœur qui vivait à Voiron. En effet, pour me rendre en cours j’effectuais 4h de trajet par jour c’est-à-dire 2h le matin et 2h le soir . Je me levais à 4h du matin et rentrais à 21h. Je ne voyais jamais le soleil dans la ville où j’habitais sauf les weekends. Cette situation a duré deux mois. Tous ses déplacements ont été coûteux, à savoir 50 euros par semaine. Il y a eu une période où je n’arrivais plus à financer mes trajets. En effet, durant deux mois je n’avais toujours pas eu la bourse.

Malgré ces soucis je n’ai jamais pensé à renoncer à mes études. Cependant je ne pourrais plus refaire ce trajet.

LEM : Que voulez-vous faire après vos études ? Voulez-vous travailler à Mayotte après vos études ?

Rifka : Après mes études je veux exercer le métier d’Assistante Sociale. Oui, je compte bien travailler à Mayotte. D’ailleurs, depuis que j’ai quitté mon île, mon objectif final est de pouvoir acquérir un maximum de connaissances et de compétences dans le milieu social afin de pouvoir le développer à mon tour.

LEM : Quels conseils donnez-vous aux autres étudiants ?

Rifka : N’ayez pas peur de vous lancer dans l’inconnu, soyez des aventuriers.  Ayez confiance en vous, prenez vos propres décisions car c’est vous et vous seul qui allez créer votre avenir, ne jamais laisser une personne décider à votre place ou dire ce qui est bien pour vous.

Si aujourd’hui j’ai réussi à surmonter ces épreuves vous pouvez aussi le faire. Ayez du courage et de la patience.  

Fixez-vous des objectifs car ils seront la clé de votre réussite !

Comments are closed.